Me voici également en route pour de nouvelles aventures. Hors de question que mes maîtres naviguent sans moi.
La navigation me semble plus dure que l’an passé car j’ai quelques soucis de santé ; des faiblesses dans les pattes arrière et donc il m’est difficile de me déplacer dans un bateau qui roule ou qui tangue ou qui parfois est capable de mélanger les deux. J’ai entendu parfois mes maîtres maugréer à ce sujet.
Et les planchers du carré sont glissants car ils n’ont pas été revêtus d’antidérapant…
Ma maîtresse a traversé tout Mahon pour trouver une droguerie et rapporter des paillassons. Mission accomplie : 5 ! Je peux ainsi me déplacer seule à l’intérieur, quand la mer est calme.
Mon second souci, c’est ma vue ; j’ai de la cataracte ; le soleil m’éprouve énormément et me provoque des soubresauts. Jules m’a pourtant donné ses lunettes et un bob, mais parfois c’est insuffisant. J’arrive à me promener en ville (ou sur le bateau) la nuit. La jounée, sur terre, j’ai une super chaise roulante composée d’un diable, d’un cageot, d’une planche et d’un tapis moelleux. Cela me plaît ; je me promène partout avec mes maîtres et j’ignore le regard amusé des passants.
Mes dernières promenades à Teulera, Mahon
C’est la vie, et je n’ai pas l’intention de l’abandonner pour l’instant.
Je parlais de Jules tout à l’heure. Nos jeux me manquent : nos échanges de peluche, ses cris stridents lorsque j’essaie de lui voler son crouton de pain, ses lancers de jouets pour m’inciter à les lui rapporter et me donner une récompense… J’espère qu’il ne m’oubliera pas.
Jules, je t’embrasse très fort.